- Je ne peux pas faire ça, Murando.
- Crois-tu vraiment qu'on va s'en sortir juste avec l'autre sans-âme ?!
Je le fusillais du regard.
Il n'était pas juste avec Vesh, même s'il avait raison.
- Non, bien sûr. Mais il y a d'autres personnes.
- Il est fort, Midnight. Plus que personne d'autre.
- Je m'en fiche. Il ne remontera pas des enfers.
- Il n'est pas en Enfer, soupira Murando.
Il s'assit, rapidement affaiblit.
- D'ailleurs, je ne suis pas sûre de pouvoir le trouver.
- Trouver qui ?
Je fis volte-face, et un immense sourire se dessina sur mon visage.
- On est revenues, lança Flandrine en lâchant un grand soupir qui arracha un gloussement à Aurore.
Anaïs s'avança et interrogea Murando du regard.
- Je vais mieux, s'empressa t-il de répondre.
- On a bien réfléchit, me dit Flandrine en ignorant totalement Murando qui lui lança un regard noir. On te suivra. Notre avis compte peu, pas vrai ? (Je grimaçai, mais elle ne me laissa pas protester) On se battra ensemble contre cette folle. Après tout, ce n'est pas la première fois, pas vrai ?
- Je ...
- C'est avec nous ou rien du tout, me coupa t-elle.
Je hochais la tête.
Mon coeur me faisait mal, mais ce n'était pas la douleur que j'avais ressentie quand Jodie était devenue un Vampire.
C'était la joie d'être enfin réunies, et la force avec laquelle j'essayais de retenir mes larmes à grand renfort de coup de dents sur mes lèvres.
- Alors, c'était quoi ce plan dont tu refusais d'entendre parler ? enchaîna Anaïs.
- J'ai prévenu Vesh. Je... Je suis retournée là-bas. Je ne sais pas s'il y parviendra, mais il essayera de... remonter (le terme m'avait brusquement parut approprié), et il viendra nous aider.
- Nous aider ? demanda Aurore, qui s'était approchée de moi.
- Faith réunit, d'après ce que dis Murando - Flandrine leva les yeux au ciel -, toutes les dévoreuses qu'elle peut trouver, dans le monde entier. Elle... Elle veut se battre définitivement contre nous.
Je frissonnai, et je devinais que mes amies aussi.
- Que pouvons-nous faire ?
- Il semblerait que... je puisse communiquer avec les morts. Du moins, avec ceux qui ont un rapport avec les Night Warriors. Et...
- Non! s'écria Anaïs en lançant un regard accusateur à Murando.
- C'est une solution, répondit-il sur le même ton.
- C'est du suicide ! cria mon amie. Nous appellerons les anciennes Night Warriors, mais pas ... Pas lui.
- Lui qui ?! interrompis brusquement Flandrine, à bout de patience.
Je soupirai.
- Murando... veut que nous engagions...
Ma voix s'étrangla, et je terminais par un murmure:
- Cobati.
Alors, Flandrine s'immobilisa, pivota vers Murando - qui recula imperceptiblement -, et lâcha d'un air étonné:
- Ce n'est pas une mauvaise idée.